دار الثقـــــــــافة مــــولود معمــري تيــــزي وزو
AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

Bienvenue sur le site de la

Maison de la Culture Mouloud Mammeri de la wilaya de Tizi-ouzou.

BIBLIOTHEQUE DE LA

MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI

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AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

  • CONDOLÉANCES : Profondément attristés par le décès du militant Monsieur Saïd BOUKHARI, la Directrice de la maison de la culture Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou, ainsi que l’ensemble du personnel de l’établissement, présentent à toute sa famille leurs sincères condoléances Ath yarhem Rabi
Hommages
Hommage au Moudjahid et Réalisateur
Direction de La Culture de La Wilaya de Tizi-Ouzou
Maison de la Culture Mouloud MAMMERI
Comité des Activités Culturelles et Artistiques
Cinémathèque de Tizi-Ouzou

Hommage au Moudjahid et
Réalisateur René Vautier
(1928 – 2015)




Biographie de René VAUTIER :
René VAUTIER (1928 – 2015)

René Vautier nous a quitté

René Vautier est né le 15 janvier 1928 à Camaret-sur-Mer (Finistère) en France et mort en Bretagne le 04 janvier 2015.

Il fait partie pour toujours et à jamais, de l'histoire de l'Algérie dont il a servi la cause pour l'indépendance avec abnégation et détermination.

En signe d'hommage à ce grand ami de l'Algérie, je vous propose des extraits de mon livre « Cinéma et guerre de libération », consacrés à lui.

 

Le nom de René Vautier, est irrémédiablement lié à la naissance du cinéma algérien. Voici comment l'historien du cinéma, Tangui Perron le décrit : « Homme de légende entretenant la légende, cinéaste baroudeur battant la campagne, bavard impénitent. Un livre et un flot d'adjectifs n'y suffirait pas. L'œuvre de René, on aurait tendance à penser que c'est surtout l'homme lui-même, René Vautier, avec ses aventures incroyables et souvent vraies, alors que sa filmographie multiforme et protéiforme est difficilement saisissable ».

René Vautier était arrivé à Tunis fin 1956, début 1957, à la demande du gouvernement tunisien pour tourner des films sur la nouvelle République indépendante tunisienne. Henri Alleg raconte comment Mahmoud Guennez, dirigeant la première école de cinéma créé à Tunis par Abane Ramdane, l'a introduit avec Cherif Zenati, en 1957 dans la zone V de la wilaya I, après une projection à Tunis de ses films précédents, dont « Afrique 50 ». A la suite de cette projection, le Capitaine Guennez l'a emmené avec son matériel « pour filmer les activités des maquisards dans sa zone. »

A la question de Juliette Cerf : « Pouvez-vous nous parler de votre rencontre avec Abane Ramdane ? », René Vautier répond : « Abane Ramdane ... a été obligé de rejoindre la Tunisie après la Bataille d'Alger, qu'il avait organisée. Il était alors responsable de l'information et a demandé qu'on forme au maquis des techniciens algériens... Je n'étais pas membre du FLN, j'avais mes opinions, j'étais communiste, je voulais être libre de montrer ...et de dire surtout que la paix ne pourrait revenir que par l'indépendance. Après avoir trouvé un accord avec Ramdane, c'est dans les Aurès-Némentchas que j'ai tourné Algérie en flammes. »

Un communiqué d'El Moudjahid, indique qu'en « Mai 57, Abane Ramdane reçoit René Vauthier et l'autorise à faire des films sur le FLN. »
Lors du colloque sur « L'image et la Révolution », Moïra Chappedelaine, fille de René Vautier, déclare qu'à « la fin de l'année 56, avec l'accord du FLN, il rejoint les maquis de l'Armée de libération nationale dans les Aurès-Némentchas ». Elle revendique ainsi pour son père, une antériorité dans les maquis par rapport aux reporters/photographes/cinéastes américains et algériens.



 

Vautier était à Sakiet Sidi Youssef le jour du bombardement par les avions français. C'était le 8 février 1958. « Les seuls morts que j'ai filmés, ce sont les morts des bombardements de Sakiet, parce que j'étais là, à côté. J'avais été blessé on me ramenait sur Tunis et on a vu les avions qui allaient bombarder Sakiet Sidi Youssef, qui était un village en Tunisie à la frontière algéro-tunisienne. Il y avait peut-être une douzaine d'avions. Je suis arrivé à peu près 40 minutes après le bombardement et j'étais tout seul comme journaliste, photographe, reporter et j'ai filmé en pleurant comme un veau derrière la caméra, parce qu'il y avait des gens qui venaient faire leur marché, il y avait les camions de la Croix-Rouge française et du Croissant-Rouge algérien qui venaient ensemble donner du ravitaillement ... Qu'est-ce que je vais faire de ces images ? Il fallait les montrer, ne serait-ce que pour mes gosses à moi, pour leur montrer ce que c'est qu'une guerre. » On sait par ailleurs que Pierre Clément et Djamel Chanderli sont arrivés rapidement sur les lieux et tourné des images du film Sakiet Sidi Youssef.

Le témoignage de Pierre Chaulet nous permet de mieux comprendre les débuts des activités cinématographiques à Tunis. Il confirme ainsi que des journalistes et des reporters d'images ont travaillé en dehors de l'organisation militaire, mais au service de l'Algérie. « Le premier d'entre eux dit-il, ce fut certainement René Vautier » qui avait réalisé au début des années cinquante, des films anticoloniaux. Il avait déjà à son actif un film, Une Nation l'Algérie, le premier à représenter un plaidoyer clair en faveur de l'indépendance de l'Algérie. Il réalisa, poursuit P. Chaulet, « une série de courts métrages, dont Algérie en Flammes ainsi que des reportages qu'il a filmé à la frontière en liaison avec les groupes de la wilaya I, du côté tunisien dans la zone frontalière». Parmi ces films, Pierre Chaulet mentionne « Les Infirmières de l'ALN », Images d'un combat et Le train de l'Ouenza.
Dans une lettre qu'il m'avait adressée en date du 1er novembre 1985, Vautier écrivait : Les infirmières de l'ALN est un petit reportage noir et blanc réalisé en 1957 par cette école cinéma de la wilaya I et qui fut diffusé – à ma connaissance – uniquement par les télévisions des pays socialistes – en particulier par la télévision d'Allemagne démocratique. » En 2000, il ajoute : «J'étais avec des groupes armés qui entraient en opération dans la zone des Némentchas. J'avais un peu d'argent (en paiement des films tunisiens). Il me restait de la pellicule noir et blanc que j'avais acheté et je tournais des reportages sur les infirmières au maquis, (et) sur une attaque de poste dans la région de Souk-Ahras. » Vautier évoque alors l'importance de l'école de cinéma : «Je suis reparti en Algérie avec quelques gars qui ont tous essayé de se servir du matériel.
J'avais une petite caméra Paillard et ma vieille caméra, une ETM, caméra d'amateur. On avait un petit magnétophone. On ne peut pas dire que c'était une école de cinéma au maquis. C'étaient des gars qui portaient le matériel et apprenaient à s'en servir.

L'infirmière sur laquelle on a tourné s'appelait Hassiba Ben Guellez. » Sur cette école de cinéma, Vautier commente en 2003: « L'école de cinéma de la zone V de la wilaya I, créée au début de l'année 57, n'a pas fleuri dans la mesure où les gens qui en faisait partie ont pratiquement tous été tué. »

 

Ahmed Bedjaoui


      

Filmographie :

1998
 - Et le mot frère et le mot camarade (documentaire, 50')
1998 - Dialogue d'images en temps de guerre (documentaire)
1995 - L'Huma, la lutte, l'Huma, la fête (documentaire, 64')
1995 - Hirochirac 1995 (documentaire, 65')
1991
 - Allons enfants du bicentenaire (documentaire, 76')
1988 - Mission pacifique, coréalisation Michel Le Thomas (documentaire, 54')
1987 - Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre (documentaire, 70')
1987 - Vous avez dit : Français ? (documentaire, 120')
1986 - Paris pour la paix, coréalisation Gérard Binse (fiction, 52')
1985 - À propos de... l'autre détail (documentaire, 45')
1985 - Chateaubriand, mémoire vivante (documentaire, 65')
1985 - Tournevache (documentaire, 60')
1984
 - La nuit du dernier recours, film collectif (documentaire)
1984 - Immigration : Amiens (documentaire)
1982 - Déjà le sang de Mai ensemençait Novembre, (documentaire, 60')
1980 - Vacances en Giscardie (documentaire, 45')
1980 - Le Scorpion de Saint-Nazaire (documentaire, 13')
1978 - Marée noire, colère rouge (documentaire, 64')
1978 - Le Poisson commande, coréalisation Yann Le Masson, Nicole Le Garrec (documentaire, 31')
1976 - Frontline, coréalisation Brigitte Criton et Buana Kabue (documentaire, 75')
1975 - Quand tu disais Valéry, coréalisation Nicole Le Garrec (documentaire, 125')
1974 - Le Remords, coréalisation Nicole le Garrec (fiction, 30')
1974 - La Folle de Toujane, coréalisation Nicole Le Garrec (fiction, 130')
1973 - Transmission d'expérience ouvrière (documentaire, 15')
1972 - Avoir 20 ans dans les Aurès (fiction, 90')
1972 - Terrains pour l'aventure (documentaire, 52')
1971 - Mourir pour des images (documentaire, 45')
1971 - Les Ajoncs (fiction, 10')
1971
 - Techniquement si simple (fiction, 15')
1970 - La caravelle (fiction, 8')
1970 - Les Trois cousins (fiction 10')
1969 - Classe de lutte, coréalisation Chris Marker (documentaire, 37')
1964 - Le Glas (documentaire, 5')
1963 - Un peuple en marche (65')
1962
 - Un seul acteur, le peuple (documentaire)
1960
 - Karim et Leïla
1957 - Algérie en flammes (documentaire, 25')
1956 - Anneaux d'or (fiction, 14')
1956
 - Plages tunisiennes (fiction)
1955
 - Aux yeux de tourterelle (documentaire)
1955 - Pavillon chinois (documentaire)
1954
 - Une nation l'Algérie, coréalisation Jean Lodz (documentaire)
1953
 - D'autres sont seuls au monde !, film collectif (documentaire, 30')
1951 - Un homme est mort (documentaire, 12')
1951
 - L'Odet (documentaire, 10')
1950 - Afrique 50 (documentaire - 20')
(Source : Filmographie établie par Oriane Brun, Arte 31/03/2003)

          


Les films sur René Vautier :

Le dur désir de dire d'Alain d'Aix - 1981.
• René Vautier l'indomptable de Jacques Royer - 1996.
• René Vautier, l'homme de paix d'Ahcene Osmani - 1999.
• René Vautier, cinéaste franc-tireur de Sabrina Malek et Arnaud Soulier - 2002.
• Le Petit Blanc à la caméra rouge : Afrique 50, de René Vautier de Richard Hamon - 2007.
• Algérie Tours/Détours d'Oriane Brun-Moschetti et Leïla Morouche - 2008.
• Algérie, images d'un combat de Jérôme Laffont - 2009.
• René Vautier joue son propre rôle de résistant dans Quatre journées d'un partisan d'Alain Aubert – 1974.

 


 

PROGRAMME :

Jeudi 19 Février 2015 :

Hall d'exposition :
- Exposition sur la vie et parcours du Moudjahid et réalisateur René Vautier.
- Vente dédicace du livre : « Cinéma et guerre de libération- Algérie des batailles d'images» paru aux éditions Chihab par Monsieur Ahmed Bedjaoui, Universitaire, Producteur et critique de cinéma.

Petit théâtre:
10h: Projection du film : «René Vautier, l'homme de paix » du réalisateur Ahcene Osmani.

14h:Conférence intitulée:« René Vautier et les pionniers du cinéma algérien », animée par Monsieur Ahmed Bedjaoui, Universitaire, Producteur et critique de cinéma et Monsieur Ahcene Osmani, réalisateur.