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AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

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CINÉMA : PORTRAIT - HOMMAGE
Azzedine MEDDOUR
Azzedine MEDDOUR
 BIOGRAPHIE :
Scénariste, Cinéaste, Producteur et Romancier.
(1947-2000) Timezrit (Béjaia).
Originaire du village d'Aqabiw (Akabiou) dans la commune de Timezrit, Azzedine MEDDOUR est né le 08 mai 1947 à Sidi-Aïch dans la wilaya de Béjaia, où il a suivi ses études primaires et secondaires.
Après des études universitaires à Alger où il obtient une licence en lettres françaises, Azzedine MEDDOUR part en URSS pour suivre une formation dans le cinéma.
Etudiant au prestigieux institut de la cinématographie S.A.GRASSIMOV (V.G.I.K), un établissement d'enseignement professionnel supérieur basé à Moscou; il a eu comme professeurs de grands noms du cinéma soviétique dont le célèbre Sergueî BONDARTCHOUK, l'un des réalisateurs et acteurs majeurs du cinéma russe et soviétique, qui a notamment réalisé le monumental chef d'oeuvre "Guerre et Paix" (Oscar du meilleur film étranger en 1968); "Guerre et Paix" est le film le plus cher de l'histoire du cinéma (676,5 millions de dollars), une adaptation d'un des plus grands chefs-d'oeuvres de la littérature mondiale, écrit par le célèbre écrivain Léon TOLSTOÏ. D'une durée de presque sept heures, son influence a été considérable dans le cinéma mondiale. Il représente la synthése du language cinématographique du XXe siècle.
Pendant sa formation à Moscou, Azzedine MEDDOUR réalisa deux courts métrages de fiction: "La Gavotte" en 1975 et "Message aux descendants de l'an 2000" en 1976.
Après plusieurs années d'études à Moscou, il revient en Algérie avec un diplôme de réalisateur.
En 1978, il rejoint la Radio Télévision Algérienne (RTA), où il réalise de nombreux courts métrages et documentaires, notamment la série sur les luttes de libération dans le monde: "Le colonialisme sans empire". Puis tourne pour l'Entreprise Nationale de Production Audiovisuelle (ENPA).
Azzedine MEDDOUR a légué au cinéma Algérien une riche filmographie, notamment : "Les nouvelles croisades", une série de huit (08) heures sortie en 1980, primé en Egypte et au Burkina Faso; "Biens vacants" (long-métrage fiction) en 1981, "La fillette et le papillon" (fiction) en 1982.
En 1983, il tourne "Hna fi hna"(entre nous), une fiction sur la crise de logements et la démographiques galopante. Le film obtient le Prix spécial du jury à Prague et une mention au festival de Monte-Carlo.
Pour réaliser son chef-d'oeuvre "Combien je vous aime" (documentaire long métrage de 1985), Azzedine MEDDOUR a dû visionner les journaux télévisés tournés entre 1957 et 1962 par la station régionale d'Alger de la télévision française. Le projet au départ devait être une série de six numéros d'une heure et comme titre "Témoignages" puis "Chroniques de la guerre de libération". Chemin faisant, après deux ans de montage, Azzedine MEDDOUR livre un documentaire long-métrage d'une heure quarante-cinq minutes de qualité si exceptionnelle qu'il est devenu l'un des chefs-d'oeuvres du cinéma Algérien. Le film propose une analyse des mécanismes internes de la culture militaro-coloniale et le génie de Azzedine MEDDOUR à donc consisté à détourner le discours des images filmées par les équipes de la télévision francaise en Algérie qui portaient en elles un discours marqué par la propagande coloniale pour expliquer la politique de l'occupant. Le commentaire du film est assuré par le grand dramaturge disparu: Abdelkader ALLOULA.
"Mouni BERRAH écrira en 1997 que dans son film, Meddour passe en revue "les clichés d'un demi-siècle de cinéma colonial avec un humour corrosif et ravageur, qui passe progressivement du rire à l'horreur absolue et à la tragédie (guerre, répression, essais nucléaires près des zones où vivent des civils algériens, cobayes humains)" et elle ajoute: "Azzedine MEDDOUR signe un film qui restera dans l'histoire, non seulement à cause de ses qualités intrinsèques, mais aussi parce que sa diffusion a déclenché de sérieuses frictions entre l'Algérie et la France". (In Cinéma et guerre de libération. Algérie, des batailles d'images de Ahmed BEDJAOUI, page 171).
Par la suite il tourne "Polisario, année 15" (documentaire) en 1986, "Un survivant raconte" (documentaire) en 1988, "Des faits et des faits" (série documentaire de 23x26mn) en 1988, un film sur l'Histoire universelle racontée dans une dynamique cinématographique inattendue. "La légende de Tiklat" (documentaire en tamazight) en 1991, "Djurdjura" (documentaire) en 1992 et "Le Chacal doré" (documentaire vidéo) en 1993, qui a obtenu le grand prix du CERIST et le prix du jeune public à Palaiseau (France).
Durant la décennie noire, la majorité des professionnels du cinéma quittent le pays. Azzedine MEDDOUR choisit de rester et continua de tourner des films. Ni la conjoncture sécuritaire, ni les blocages administratifs ne l'en ont dissuadé.
Avec "Adrar n'Baya" (La Montagne de Baya), Azzedine MEDDOUR signait son premier long-métrage en langue Kabyle, un film "intemporel" où se retrouvent deux données essentielles de ses réalisations: L'histoire et la mémoire. Une oeuvre magistrale du cinéma Algérien d'expression Amazighe où il nous peignait en images la geste de paysans chassés de la plaine vers les terres ingrates de la montagne, une chronique de la dépossession des terres au temps de la colonisation. C'est un film sur la résistance et la révolte, où BAYA, l'héroïne du film incarne le symbole du renouveau et du combat contre l'oppresseur et ses affidés. Elle se bat pour ressuciter son village détruit par les colons, ensevelit ses deux amours et se relève malgré tout, pour ranimer les mythes ancestraux.
Azzedine MEDDOUR avait de grands penchants pour les traditions, les légendes et les mythes racontés en kabylie. Le réalisateur avait crée le scénario et a monté l'histoire "d'Adrar n'Baya" a partir du rite et de la légende "d'Anzar" et la réalité historique des populations kabyles qui ont été dépossédées de leurs terres par le colonisateur Français. Baya incarne ainsi l'obstination infatigable d'une certaine forme d'honneur, cette capacité à résister en restant fidèle à ses traditions, sa langue et son système de pensée.
Le film plus axé sur l'image que sur le dialogue est d'une beauté plastique majestueuse. Avec des scènes intenses et des flashs historiques, Azzedine Meddour nous ramène à travers le personnage de "Baya" à Fadhma N'Soumer, DIHYA et toutes les résistantes Algériennes.
Durant le tournage du film, un drame survint en décembre 1995 dans le lieu d'habitation des équipes techniques et artistiques. Une explosion emporta treize (13) membres de l'équipe de production du film et a fait vingt-cinq (25) blessés. Affligé par ce terrible drame, Azzedine MEDDOUR a failli tout arrêter n'était le soutien moral de ses amis. Il leur a rendu un vibrant hommage à la sortie du film. "Adrar n'Baya" (La Montagne de Baya) a été séléctionné à la Monstra de Venise, sélection Mezzogiorno en 1998.
En 1998, Azzedine MEDDOUR a consacré son dernier film "Douleur muette" (37mn), au travail effectué par la psychiatre Houria SALHI avec des enfants victimes de massacres terroristes durant la décennie noire. A travers ce film d'investigation psychologique, discret et patient derriere la camera, Azzedine MEDDOUR donna la parole aux orphelins victimes de massacres terroristes pour s'éxprimer avec leur regard innocent, leurs souvenirs ou leurs silences a fin de construire le regard que portent les enfants d'Algérie sur le drame que vit leur pays. "Douleur muette" est un épisode de 36mn du remarquable documentaire collectif: "l'Autre Algérie: regards intérieurs", une série de cinq documentaires traitant de l'Algérie contemporaine. Prix Adolf GRIMME, Festival des films du monde de Montréal, prix du public festival de Venise 1997 (clôture de la sélection Mezzogiorno).
Azzedine MEDDOUR a eu à surmonter de rudes épreuves et a bataillé sur plusieurs fronts. Il était actionnaire de la maison de production "Imago Production" avec Belkacem HADJADJ et membre fondateur du Rassemblement des Artistes, Intellectuels et Scientifiques (R.A.I.S) en 1993. Il était aussi producteur et vice-président de l'Association des Réalisateurs et Producteurs Algériens (ARPA).
Azzedine MEDDOUR, l'une des grandes figures du cinéma Algérien, un des pionniers du cinéma d'expression Amazighe; est un cinéaste de talent qui s'est distingué par la qualité de son travail et qui a légué au cinéma Algérien une riche filmographie.
Emportée au sommet de sa carrière par une longue maladie, Azzedine MEDDOUR décède le 16 mai 2000 à Alger et inhumé dans sa région natale, au cimetière d'Aqabiw (Akabiou) dans la commune de Timezrit (wilaya de Béjaia).
"La légende de Tiklat", "Les Clous", "Les Moustaches" et "Biens Vacants" sont des nouvelles qu'Azzedine MEDDOUR, emporté brutalement par la maladie, n'a pas eu le temps de publier. Rassemblées par sa fille Mounia sous le titre "Dernières nouvelles" et préfacé par Abdelhamid BENZINE; le Roman parut à titre posthume aux éditions ANEP en 2001 ainsi que le roman "La montagne de Baya" en 2002 (Éditions ANEP) avec une rééditions dans la même année.
Plusieurs hommages ont été rendus à Azzedine MEDDOUR, notamment:
Les organisateurs du Festival International du cinéma Méditerranéen de TETOUAN (Maroc) ont institué depuis son décès en 2000, le "prix Azzedine MEDDOUR" pour rendre hommage à un "grand ami du festival" qui avait obtenu le "prix de la première œuvre de fiction" en 1999 dans la catégorie long-métrage.
Lors des 8 eme rencontres cinématographiques de Béjaia, un hommage a été rendu à Azzedine MEDDOUR en juin 2010.
L'association "Ciné +" (Ciné-plus) en collaboration avec le Festival du Film Amazigh, le CNCA et l'APC de Timezrit lui ont rendu un hommage du 28 au 30 juin 2006 à Timezrit (Béjaia).
La Direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou, la Maison de la Culture "Mouloud MAMMERI" et la Cinémathèque Algérienne ont rendu un hommage à Azzedine MEDDOUR le 07 juin 2015 à Tizi-Ouzou.
A l'occasion de la 20e commémoration de sa disparition, la Cinémathèque Algérienne présenta le mois de Mai 2020, un programme virtuel d'images, de reportages et d'extraits des films d'Azzedine MEDDOUR pour rappeler la grande valeur de ce cinéaste.
FILMOGRAPHIE :
Réalisateur:
▪️1975: "La Gavotte" (court-métrage fiction réalisé en fin d'études au V.G.I.K de Moscou).
▪️1976: "Message aux descendants de l'an 2000" (Court-métrage fiction réalisé en fin d'études au V.G.I.K de Moscou).
▪️1978: "Le Colonialisme sans empire" (Série documentaire sur les luttes de libération dans le monde, de la Radio Télévision Algérienne).
▪️1980: "Les Nouvelles Croisades" (Série documentaire de 08h en 7 parties). 1er prix au festival du Caire (Egypte) et 1er prix à Ouagadougou (Burkina Faso).
▪️1981: "Biens vacants" (long-métrage fiction).
▪️1982: "La fillette et le papillon" (fiction).
▪️1983: "Hna fi hna" (entre nous) film fiction. Prix spécial du jury à Prague (République Tchèque), mention au festival de Monte-Carlo (Monaco).
▪️1985: "Combien je vous aime" (documentaire long-métrage). 1er prix du Festival Américain du film à New York, section "Perspective".
▪️1986: "Polisario, année 15" (documentaire).
▪️1988: "Un survivant raconte" (documentaire).
▪️1988: "Des faits et des faits" (série documentaire de 23x26 mn).
▪️1991: "La légende de Tiklat"(documentaire en tamazight).
▪️1992: "Djurdjura" (documentaire).
▪️1993: "Le Chacal doré" (documentaire vidéo). Prix du jeune public à Palaiseau (France), grand prix du CERIST).
▪️1997: "Adrar n'Baya" ( La Montagne de Baya"), (film long-métrage). Sélection à la Monstra de Venise, sélection Mezzogiorno en 1998.
▪️1998: "Douleur muette" épisode de 36 mn du documentaire collectif: "l'Autre Algérie: regards intérieurs", une série de cinq documentaires traitant de l'Algérie contemporaine). Prix Adolf GRIMME, Festival des films du monde de Montréal, prix du public festival de Venise 1997 (clôture de la sélection Mezzogiorno).
????Romans: (à titre posthume).
▪️2001: "Dernières nouvelles" Roman de Azzedine MEDDOUR, éditions ANEP 2001).
▪️2002: "la Montagne de Baya" (Roman de Azzedine MEDDOUR, éditions ANEP 2002).
▪️2002: "la Montagne de Baya" (Roman de Azzedine MEDDOUR, rééditions ANEP 2002, nouvelles et textes courts).
????Sources:
▪️Dictionnaire du cinéma algérien et des films étrangers sur l'Algérie d'Achour Cheurfi.
▪️Cinéma et guerre de libération. Algérie, des batailles d'images d'Ahmed Bedjaoui.
▪️Site anep.com.dz
▪️Site cinematheque.dz
▪️Site mcmmto.dz
▪️Site festivaltetouan.org
▪️Journal " La Dépêche de Kabylie" du 01/06/2006.
 Synthèse des sources faite par: Maison de la Culture Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou