دار الثقـــــــــافة مــــولود معمــري تيــــزي وزو
AXXAM N YIDLES MULUD AT MΣEMMER N TIZI-WEZZU
MAISON DE LA CULTURE MOULOUD MAMMERI DE TIZI-OUZOU

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✨PENSÉE ✨ Dahmane El Harrachi : 40 ans déjà ! 31 août...

PROGRAMME EN LIGNE DE RAMADAN 12 mai 2020 Maison De Culture Mouloud Mammeri De Tizi...

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PATRIMOINE BERBÈRE
✨TAJMAعT (partie 1) ✨

✨TAJMAعT (partie 1) ✨
????Signification :
Djemâa (gmaεa) : mot emprunté à l'arabe (racine : G. M. E = réunir, rassembler) ; ce mot désigne l'assemblée des hommes et le lieu où elle se tient. Tajmaεt, variante la plus utilisée en Kabylie, en est la forme berbérisée. Le Maroc central et l'aire touarègue ont, quant à eux, conservé les termes berbères : imzurfaen tamaziγt et amni
Tajmaεt : gardienne vigilante
Les trois termes qui viennent d'être cités (Tajmaεt, imzurfa, amni) désignent une institution pan-berbère qui occupait une position centrale dans l'organisation sociale : « l'autorité dirigeante du village, la seule à vrai dire, puisqu'elle possède la plénitude, au moins en principe, du pouvoir judiciaire est la thadjemaïth ou djemâa, c'est-à-dire l'assemblée générale des citoyens. Ses décisions sont souveraines et elle les fait, au besoin, exécuter elle-même » . Cette remarque – qui concerne la Kabylie de la fin du siècle dernier – pourrait s'étendre sans risque d'erreur à toutes les régions berbérophones du Nord : Aurès, Mzab, aires berbérophones du Maroc. Dans toutes ces régions, l'organisation et le fonctionnement de la djemâa présentait de profondes similitudes. La description de la djemâa traditionnelle esquissée ici rendra compte de ces similitudes ; quant à l'analyse des évolutions récentes, elle portera uniquement sur la Kabylie.
????Composition:
L'institution de la djemâa au sens strict est un conseil restreint qui prend appui sur la structure lignagière, trait commun à l'ensemble des régions berbérophones. Ce conseil se composait de :
▪️L'amin (amγar au Maroc) ; l'aminétait nommé par l'ensemble du village, souvent après de longues tractations. Il assurait la fonction de président de ce conseil. Cette charge n'était ni héréditaire ni rémunérée. L'aminétait révocable.
▪️l'ukil (amazzal au Maroc) était désigné par l'amin et se chargeait de la trésorerie, en particulier de la gestion des amendes perçues en cas d'infraction aux dispositions du droit coutumier. En Kabylie, l'ukilétait aussi préposé à la gestion des biens de la mosquée qui étaient distincts de ceux du village.
▪️temman(imeqranenau Maroc et Mzab, kbardans les Aurès). Ils étaient désignés par chacun des patrilignages qui composent le village ou la cité dans le Mzab. Ils étaient les garants de leurs patrilignages devant la djemâa et, en retour, veillaient aux intérêts de ce patrilignage lorsque la djemâa tenait conseil. « Garant » est le sens exact du mot tamen(singulier de temman)en Kabyle. Le nombre des temmanvariait en fonction de la taille du village ; il était en moyenne de dix à douze. Enfin, à ce conseil pouvaient s'adjoindre cinq ou six Euqqal, hommes réputés pour leur sagesse.
Aucune de ces charges n'était rémunérée.
Il faut souligner qu'un conseil analogue – composé des amin (imγaren)représentant leurs villages – constituait la djemâa de la tribu : tagmaεt n lεarc.Celle-ci, dépassant les intérêts particuliers de chaque village, délibérait sur tout ce qui avait trait à la tribu ; des litiges qui n'avaient pu être tranchés par la djemâa du village pouvaient aussi lui être soumis.
Ce conseil restreint constitue l'institution même de la djemâa ; c'est un organe permanent qui gère l'ensemble de la vie sociale. En cas d'affaire importante à traiter, le conseil convoque l'assemblée générale des hommes ; cette assemblée porte aussi le nom de tagmaεtou celui d'anejmaε (anejmaε n taddert)qui désigne le fait même de se réunir. A cette assemblée générale étaient (et sont encore) tenus d'assister tous les hommes, sous peine d'amende. Au siècle dernier, étaient tenus d'y assister les hommes en âge de porter les armes, le port d'armes étant le critère d'accès au statut d'homme ; dans des sociétés dépourvues d'armée de métier, tout homme valide était nécessairement un guerrier.
Les réunions peuvent se tenir soit sur une esplanade, une place (asaragchez les At Waγlis), soit dans la mosquée ; en Grande Kabylie, la règle est qu'elles se tiennent dans un bâtiment prévu à cet effet, dénommé aussi tajmaεt ; en dehors des réunions, ce bâtiment sert de lieu de repos aux hommes. Les gros villages peuvent en avoir jusqu'à trois, à raison d'un par quartier. La description la plus fine de ces lieux et de la vie qui les anime a été donnée par Mouloud Feraoun dans « Jours de Kabylie ».
En principe, tout homme présent (à l'exception autrefois de certains métiers réputés vils : boucher, musicien ambulant...) a droit à la parole, mais dans les faits, n'est prise en considération que la parole des hommes mûrs jouissant d'un bon capital de respectabilité. Hanoteau et Letourneux rapportent que les délibérations pouvaient être très longues et qu'une question délicate qui n'avait pas fait l'unanimité pouvait être reportée à une séance ultérieure. Ce souci d'unanimité était un impératif catégorique dans des sociétés où la moindre divergence pouvait entraîner de graves dissensions.
????Prérogatives:
Dans l'organisation traditionnelle, les prérogatives de la djemâa s'étendaient à l'ensemble de la vie du village. Ces attributions concernaient les domaines :
▪️législatif : la djemâa élaborait, adaptait et, au besoin, rectifiait les dispositions du droit coutumier (qanun en Kabyle), d'où le nom d'imzurfaqu'elle porte dans le Moyen-Atlas
▪️exécutif : elle veillait à l'application de ce droit, à ce titre elle assurait les fonctions de police locale ; elle se chargeait aussi de la collecte et de la gestion des amendes versées en cas d'infraction. Ces amendes servaient aux dépenses collectives : travaux d'entretien du village, frais d'hospitalité, sacrifice d'automne...
Outre ces fonctions administratives et celles de gestion du social, la djemâa assumait (et assume encore, là où elle s'est maintenue) des fonctions rituelles : elle organisait le sacrifice d'automne (timecret)destiné à ouvrir « les portes de l'année » agricole, c'est-à-dire à rendre licites les travaux de labour et de semailles
La djemâa représentait donc le cœur du village, c'est-à-dire l'organe par lequel celui-ci vivait ; elle était, à ce titre, investie de sacralité, sacralité qui se consacrait dans ses dalles (iγulad).
« Au village d'At Larbâa, chez les At Yenni, les hommes d'un certain âge estiment que faire sa prière sur les bancs de la djemâa dispense de toute espèce d'ablutions préliminaires ». Mais son aâssas, constitué d'une pierre meulière, est toujours là, gardien vigilant et puissant.
????Synthèse des informations faîte par : Maison de la Culture Mouloud MAMMERI de Tizi-Ouzou ( Tirés de l'Encyclopédie berbère)